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Revue de coopération et développement économiques, Vol. 38 No. 2
     
Date : 21 Juin 2017

Vu le récent développement économique notable observé dans les pays membres de l’OCI, et l'interconnexion entre les ces développements avec les pays en développement et les pays développés ainsi qu’avec l'économie mondiale dans son ensemble, ce numéro de la Revue de coopération et développement économiques - de juin 2017 analyse les tendances dans les principaux indicateurs économiques des pays l'OCI et les prévisions récentes liées à l'incertitude des politiques fiscales et la croissance économique ainsi que les déterminants macro-économiques des investissements directs à l'étranger. Elle met en évidence les facteurs qui influent sur la décision des jeunes à entrer sur le marché de l’emploi formel et informel et examine les avantages d'une union monétaire pour le commerce. Ce numéro analyse également le choix optimal de régime de change et étudie l'éventualité de l’existence d’un lien entre le taux de profit des banques participatives et des taux d'intérêt. Ces indicateurs économiques et questions ont soulevé un défi rencontré par les pays membres de l'OCI dans le Moyen-Orient et en Asie dans leurs efforts de poursuivre leur développement économique.

Le premier article examine la relation entre l'incertitude de la politique fiscale et la croissance économique avec des données cohérentes du développement du secteur financier au Pakistan pour la période de 1970-2011. Les résultats indiquent que l'instabilité de la politique fiscale en raison des dépenses gouvernementales ; la génération des recettes et l'incertitude budgétaire ont réduit de manière significative la croissance économique  au Pakistan. En particulier, l'échec de la politique budgétaire à générer des recettes en raison de l'évasion fiscale et de l'assiette fiscale étroite ainsi que sa dépendance sur le service de la dette pour couvrir ses dépenses incite au budget vulnérable.

Le deuxième article examine les déterminants macroéconomiques des pays bénéficiaires des investissements directs  à l'étranger (IDE) du Koweït à l'aide des données de séries temporelles du Koweït au cours de la période (1976-2011). Une comparaison a également été effectuée entre les tendances des facteurs déterminant dans les IDE  au Koweït, en Arabie Saoudite, et en Norvège comme contrepartie des pays développés et les pays producteurs de pétrole. L'étude conclut que les principaux déterminants macroéconomiques des IDE  du Koweït sont le taux d'intérêt, les IDE entrants, et les dépenses publiques. La comparaison montre que la tendance des déterminants des IDE  du Koweït est partiellement conforme à celle de la Norvège. Cela est un phénomène qui affecte la performance économique globale du Koweït. Si les IDE du pays affectent le taux d'épargne et par conséquent l'investissement intérieur, l'objectif de l'IDE qui est de faciliter l'investissement du pays et de contribuer à sa croissance économique n'est pas atteint.

Le troisième article tente mettre à jour les facteurs qui influencent les choix des jeunes dans le marché du travail en Égypte. À l'aide de l'Enquête sur la Transition vers la Vie Active (Égypte, 2014) comme la principale source de données, ce document essaie de formuler une idée claire sur les caractéristiques de la situation socio-économique et démographique des travailleurs du secteur formel et informel. Les travailleurs du secteur informel sont susceptibles d'être dominés par les hommes, plus jeunes, la plupart vivent en milieu rural, peu instruits, n'ayant pas d'éducation formelle ou d'expériences de formation, ayant plus d'enfants, venant de famille pauvre financièrement et de parents moins scolarisés. L'éducation, le lieu de résidence, l'âge au premier mariage, le niveau de scolarité des parents, le statut de travail principal sont les éléments qui permettent davantage à différencier les deux groupes et peuvent être considérés comme des variables les plus prédictives des travailleurs informels.

Le quatrième article évalue les avantages d'une union monétaire à travers la Zone monétaire de l'Afrique de l'Ouest (ZMAO) et l’approche traditionnelle du modèle de gravité. Ces approches de modèle sont utiles pour le contrôle de l'impact d'une monnaie unique sur l'amélioration du commerce et de l'impact de l'indice d'instabilité sur la croissance économique. Les résultats empiriques soutiennent l'hypothèse selon laquelle une union monétaire a effectivement un impact positif sur les flux commerciaux, ce qui conduit donc à l'accroissement du commerce. Par conséquent, il est primordiale que la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l’Union Africaine (UA) et les organismes régionaux promeuvent la paix et la stabilité et les considèrent comme une priorité absolue dans leur ordre du jour. Ainsi, la paix continuera de prévaloir dans la région qui va créer l'environnement pour l'amélioration des échanges commerciaux entre les pays membres.

Le cinquième article vise à évaluer l'effet de l'utilisation de différents régimes de change sur la stabilité des taux de change du dinar jordanien (JOD) adopté par la Jordanie dans les différents systèmes de taux de change. L'étude a révélé que l'arrimage aux DTS du FMI a été le meilleur choix. Il en est ainsi parce que cette solution conduirait à une plus grande stabilité du JOD et les prix locaux par rapport à d'autres possibilités. Cette stratégie permet d'atteindre une plus grande stabilité du taux de change du JOD et celle des prix intérieurs, alors qu'elle réduit le coût des importations et celle de la dette extérieure.

Le sixième et dernier article examine les variables qui influent sur le taux de profit des banques participatives et les taux d'intérêt de banques classiques sur la période entre janvier 2006 et mai 2015 en Turquie. La rentabilité des banques classiques, la sécurité du gouvernement et les taux de change sont significativement efficaces sur les taux d'intérêt sur les dépôts établis par les banques classiques. Le taux d'intérêt est une référence pour les banques pour déterminer la part du taux de profit. Par conséquent, cette situation a augmenté la demande et l'orientation de la finance islamique pour devenir un substitut du système financier moderne. Ce cas ainsi que et la distance prise par les pays musulmans au cours des dernières années ont accru la part de banque/finance islamique dans le monde.

Amb. Musa KULAKLIKAYA
Rédacteur en chef

Articles de la Revue de coopération et développement économiques, Vol.38 No.2 (2017)